Hexagone – tome 4
Karibu Lugdunum
Après deux heures d’autoroute, je me suis paumé dans la capitale des gaulles mais j’ai réussi à prendre tous les tunnels pour finir par me retrouver à Vaise…oh putain Vaise… Je savais pas où j’étais: un coup de volant impromptu et c’est direct vers Roanne ou Villefranche/Saône, chez les sauvages !
Je me voyais mal demander à un indigène mon chemin car je cherchais la Prison St-Paul (en fait, j’avais un rendez-vous à côté pour Maman).
Par je ne sais quel miracle, je suis tombé sur un panneau indiquant la station de chemin de fer près de la prison. Raymond Barre Akhbar !
Charmant quartier que celui de l’accueil des étrangers en France: des putes moldaves à peine mineures, deux prisons pour le prix d’une, des chantiers, des visites de parloirs et des Casinos tout petits avec des gens pas aimables.
Je crois que Lyon a tous les défauts de Paris sans avoir les avantages de Marseille (et inversement).
Bon, arrivé près de la prison, fallait pas se tromper car on n’allait pas voir l’écrou 439 mais des gentils fonctionnaires français. Le problème étant que devant les deux portes, l’audience était quasiment la même…mais le drapeau tricolore était quand-même un peu miteux.
Y’avait les « étudiants »….misère.
Le type, il avait au moins trois kilos de paperasse dans un sac en plastique pourri, y’avait un couple de Russes aussi, propres sur eux, y’avait un Congolais en sandale assis par terre dans la merde de chien qui hurlait des trucs en congolais dans son portable. Y’avait un type tout petit en costume d’une ethnie que j’ai pas réussi à déterminer et qui visiblement avait peur de devoir fréquenter les sus-nommés…
Et y’avait moi qui rigolait en fredonnant « la Marseillaise » avec le sang impur qui abreuve les sillons: oh, ça fait du bien de se sentir chez soi (quoique…) de temps en temps.
J’ai laissé Maman avec les vendeurs de kebabs et les « étudiants » africains, y’avait aussi quelques asiatiques.
Je suis reparti vers la prison pour regarder les visites des familles en mangeant un croissant sur un banc et y’a un Turc qui est venu pour tenter de me taxer une cigarette et une folle avinée qui m’a parlé de l’Apocalypse et de son chien.
C’est pas dans le Guide du Routard, ce quartier séculaire, c’est bien dommage…
Oh, payer 2000$ pour un faux visa pour ça…autant coucher avec le consul.
Après, c’était fini, c’était globalement nul et inutile, on a mangé, on a dormi et on est parti.